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Cahier Vivescia Industries


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Un nouvel élan, un futur à préparer

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cahier-actionnaire-christophe-buren Christoph Büren,
Président du SICOM*

Cette année, VIVESCIA Industries engrange ses premiers succès, après plusieurs exercices délicats et en retrait. La performance est à saluer d’autant qu’elle est supérieure à l’exercice de référence pré-Covid. C’est une satisfaction collective. Ces résultats, nous les devons d’abord aux collaborateurs, à leurs talents, à leur forte mobilisation. Je tiens également à remercier Olivier Miaux, pour sa détermination et son exigence, lui qui a tenu la barre avec les dirigeants opérationnels dans un contexte de crise sanitaire encore difficile, alternant confinements partiels, couvre-feux, fermeture des cafés et restaurants. Nos principaux marchés en France et en Europe ont été encore largement perturbés.

Satisfaction collective, et clairement exprimée tant par les membres du SICOM, le commandité, les membres du Conseil de surveillance et ses actionnaires, que par notre communauté financière. Olivier a su restaurer la confiance auprès de nos partenaires par la transparence des échanges engagés, par les plans de progrès conduits avec ses équipes, et ces premiers résultats prometteurs.

« La transformation est engagée, les revues stratégiques vont se poursuivre
tout comme les projets de développement pour préparer demain. »

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L’activité de Boulangerie-Viennoiserie-Pâtisserie surgelée (BVP) a retrouvé des couleurs durant cet exercice, fruit des chantiers de redressement conduits avec une grande rigueur, depuis deux ans, et ce à tous les étages de l’entreprise. L’arrivée de Robert O’Boyle, nouveau directeur général de Délifrance, l’année dernière, doit pouvoir confirmer et renforcer cette belle dynamique retrouvée. Il faut, et je n’en doute pas, compter avec Délifrance dans le futur sur le marché européen et français de la BVP.Nos deux autres grandes activités, Malt et Meunerie, ont réussi à maintenir leur performance. Les Grands Moulins de Paris ont fait preuve d’un grand dynamisme sur le plan de l’innovation tant pour les boulangers artisans que dans le pilotage de ses marques Campaillette ou Francine. Dynamisme commercial aussi, ses initiatives telle que « La Route des Blés », ou comment les clients remontent la chaîne, de la table, du fournil, au champ de blé, en sont une belle illustration. Dans des contextes de marché difficile, nos métiers de nutrition animale et de maïserie ont résisté, tandis que l’activité biotechnologies ARD, a, quant à elle, enregistré une belle performance. Je tiens à saluer les équipes ARD qui ont forgé au fil des années une solide réputation internationale.

Même si l’environnement économique et sanitaire ne laisse encore que peu de visibilité, VIVESCIA Industries, avec des fondamentaux retrouvés, est sur la bonne voie. La transformation est engagée, les revues stratégiques vont se poursuivre tout comme les projets de développement pour préparer demain. Un certain nombre d’entre eux ont pu redémarrer, comme la construction d’une nouvelle malterie au Mexique, ou être lancés comme les travaux de l’entrepôt frigorifique sur le site de viennoiseries Délifrance à Romans-sur-Isère (France). Nous avons donné également notre feu vert pour doubler la capacité du Bio-Démo d’ARD (Pomacle–Bazancourt) pour accompagner le développement de ses activités à façon dans les biotechnologies.

Cette première étape du redressement franchie, il faut tenir le cap, et surtout penser le futur et les conditions de notre performance durable. C’est-à-dire oser, penser autrement pour agir autrement… Cet impératif s’impose à toutes et à tous, à tous les niveaux, dans chaque entreprise de VIVESCIA Industries, au quotidien comme dans les choix stratégiques. Car oui, accélérer la transformation de nos entreprises est indispensable, dans un écosystème agricole et agroalimentaire en fortes tensions, confronté aux défis du changement climatique, à la révolution démographique, à des évolutions profondes des comportements alimentaires. à ce titre, la démarche de réflexion RSE engagée cette année, sur tout le périmètre de VIVESCIA, a permis de mettre en mouvement les équipes et leurs dirigeants et de se projeter collectivement sur ses enjeux stratégiques, comme la décarbonation de nos chaînes de valeur. La RSE doit être un vecteur de sens pour nos collaborateurs, nos clients et tout notre écosystème de parties prenantes, un moteur d’innovation et de transformation aussi. Tous nos métiers sont en action, des initiatives sont déjà en cours qui intègrent les spécificités de chaque activité. Des projets structurants seront mis en place : je pense notamment au vaste chantier relatif à notre stratégie climat que nous venons de lancer à l’automne, ou à l’accélération du développement de filières responsables en partenariat avec nos clients et à notre contribution à une offre alimentaire qui conjugue toujours davantage naturalité et durabilité.

Les premiers résultats de cette année, le chemin déjà parcouru, l’état d’esprit positif et de conquête des équipes de VIVESCIA Industries me rendent confiant, même si des facteurs exogènes, et nous en avons beaucoup à date (inflation des coûts et résurgence de la Covid particulièrement en Europe), rendent plus difficile le pilotage, pour projeter VIVESCIA Industries sur une trajectoire économique profitable ET performante sur le plan environnemental et sociétal. C’est ainsi que nous serons au rendez-vous des attentes de toutes nos parties prenantes, que nous cultiverons nos différences et notre attractivité, que nous ferons valoir nos avantages compétitifs, et que nous pourrons, ensemble, conquérir de nouveaux marchés et créer de la valeur pour tous.

Christoph Büren
Président du SICOM*

*La commandité de VIVESCIA Industries

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cahier-actionnaire-nicolas-demoury Nicolas Demoury,
Président du Conseil de surveillance

Quels enseignements tirez-vous de l’exercice 2020-2021 ?

Après trois ans d’incertitudes, suivis d’une crise sanitaire majeure, la reprise en main rigoureuse des opérations porte ses fruits. Nous constatons cette année les premiers effets positifs des différents plans mis en œuvre pour remédier aux faiblesses et aux fragilités identifiées. La prise de conscience collective de ces difficultés structurelles était un préalable. La crise sanitaire a rajouté à la difficulté, mais VIVESCIA Industries a su faire face. Le Conseil de surveillance a unanimement adressé ses félicitations aux équipes de toutes les entités. Aujourd’hui VIVESCIA Industries a réalisé 126 millions d’EBITDA dans un contexte encore de crise sanitaire. Le redressement est réel et significatif. Il faut confirmer !

La valeur de référence de l’action est en hausse. C’est une bonne nouvelle…

En effet. À l’image des résultats, la valeur de référence de l’action est « en chemin » vers la hausse. Les objectifs et les ambitions budgétaires 2020-2021 ont été tenus. Nous les avons validées les perspectives proposées car elles sont ambitieuses mais atteignables. L’effet de levier créé par notre dette est plus favorable aujourd’hui quand les résultats économiques s’améliorent. La rentabilité actuelle de VIVESCIA Industries ne permet pas encore de distribution de dividendes par ailleurs. Nous avons le devoir de consolider encore cette progression pour pouvoir à l’avenir saisir des opportunités d’investissement pertinentes et ainsi préparer l’avenir.

« La manière dont nous avons fait face aux difficultés est de nature
à nous rassurer sur la solidité de VIVESCIA Industries. »

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Quels sont les grands chantiers conduits cette année par le Conseil de Surveillance ? Et par le Comité d’audit ?

Compte tenu du contexte économique et sanitaire, le Conseil de Surveillance a multiplié les rencontres pour effectuer un suivi rapproché — quasi mensuel — des comptes et de l’activité.
Le Comité d’Audit a lui aussi intensifié son activité, avec une montée en puissance du contrôle interne. Cela nous a permis d’avoir régulièrement une vision du fonctionnement des différentes filiales, notamment à l’international. Le contrôle du respect des procédures du Groupe fait partie des sujets régulièrement traités. Les comptes rendus au Comité d’audit se sont intensifiés pour l’exercice écoulé, et ont légitimé l’indépendance du contrôle interne. Les rencontres avec les Commissaires aux comptes se sont poursuivies sur la base de deux fois par an pour rassembler et étudier tous les éléments destinés à la clôture, y compris ceux qui relèvent d’une appréciation, à savoir l’évaluation, la justification et le calibrage des provisions.
J’ajoute que si le travail du Conseil de surveillance est un travail d’équipe, il est aussi riche de la contribution de chacun. à ce titre, je tiens à saluer François Prévoteau, administrateur de la Coopérative VIVESCIA et membre du Conseil de surveillance de VIVESCIA Industries. Nous le remercions pour son travail et ses contributions éclairées, toujours pertinentes et sans concessions, quand l’intérêt général est en jeu. Nous accueillerons son successeur après l’Assemblée générale de VIVESCIA Industries du 8 décembre 2021.

« Nous constatons dès cette année les premiers effets positifs des différents plans mis en œuvre
pour remédier aux faiblesses et fragilités identifiées. »

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Quel regard portez-vous sur le futur de VIVESCIA Industries ?

Nous avons traversé une période difficile, amplifiée par la crise sanitaire. La manière dont nous y avons fait face est de nature à nous rassurer sur la solidité de VIVESCIA Industries.
Et les choix opérationnels qui ont été faits m’incitent à envisager l’avenir sereinement. Nous sommes donc persuadés du potentiel de création de valeur de VIVESCIA Industries pour l’ensemble de ses actionnaires. Cette conviction se reflète dans la simplicité et la sincérité de nos relations lors de nos travaux au sein du Comité de Surveillance. Chaque partenaire, chaque actionnaire, a toujours répondu présent pendant cette période sensible et saura répondre présent pour le futur sur la poursuite des chantiers de transformation. Chacun, dans son rôle, est resté constant dans ses engagements. Nous poursuivons ensemble les mêmes objectifs : faire de VIVESCIA Industries une entité agroalimentaire, créatrice de valeur durable pour toutes ses parties prenantes, clients, consommateurs, collaborateurs, actionnaires coopératifs, institutionnels et individuels.

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Bilan & Perspectives

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cahier-actionnaire-olivier-miaux Olivier Miaux,
Directeur général de VIVESCIA Industries

Quel bilan global dressez-vous de l’exercice 2020-2021 ?

VIVESCIA Industries est véritablement en reconquête et affiche une performance en fort rebond, malgré une situation demeurée difficile sur cet exercice du fait de la crise sanitaire.
Grâce aux efforts de nos équipes, nous avons pu renforcer nos fondamentaux, continuer à innover, améliorer notre efficience. Nos trois principales activités à savoir la Malterie, la Boulangerie-Viennoiserie-Pâtisserie (BVP) et la Meunerie ont participé à cet effort même si elles ont connu des conditions de marché contrastées.

« VIVESCIA Industries est véritablement en reconquête et affiche une performance en fort rebond, malgré une situation demeurée difficile sur cet exercice du fait de la crise sanitaire. »

Pour quelles raisons ?

Ces trois activités ont été affectées à l’échelle mondiale à des degrés divers par la crise sanitaire en fonction de l’importance des confinements/couvre-feux dans les différentes zones géographiques sur lesquelles elles opèrent et de la situation de la consommation hors-domicile. Ainsi notre activité Malterie a connu une forte progression de ses volumes – en corrélation avec la bonne reprise du marché de la bière, même si nous ne sommes pas encore revenus aux niveaux pré-Covid. Cette embellie tient principalement à la reprise de la consommation en Amérique Centrale et du Sud, en Afrique et en Asie du Sud-Est. Ce qui a compensé les difficultés rencontrées en Europe de l’Ouest, marché qui a été impacté par la fermeture des bars-restaurants, de l’absence d’événements sportifs et de la faible fréquentation touristique. Concernant notre activité BVP, qui se concentre fortement en Europe de l’Ouest, Délifrance a continué à souffrir avec des volumes en repli encore significatif par rapport à ceux d’avant crise. Mais, grâce aux transformations engagées et aux plans d’actions robustes conduits par les équipes depuis près de deux ans, Délifrance enregistre une performance économique en progression, supérieure à l’exercice pré-covid 2018-2019. C’est une satisfaction. Enfin, exposée mais dans une moindre mesure aux conséquences de la crise sanitaire, la Meunerie affiche, quant à elle, des volumes proches de l’exercice précédent. Notre Marque Francine continue de renforcer ses positions de leader sur le marché de la distribution.

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« Au total, pour préparer l’avenir, nous allons plus que doubler les investissements sur l’exercice 2021- 2022 par rapport au précédent. »

Dans cette conjoncture qui est restée difficile, VIVESCIA Industries parvient pourtant à améliorer sa performance économique globale...

Pour le Malt, nous avons profité d’un rebond de l’activité mais pour toutes nos autres activités, nous devons largement cette performance à un travail continu de nos équipes, mené depuis deux ans, pour améliorer notre efficience opérationnelle. Nous avons réalisé des économies structurelles tant au niveau de la production, de la logistique, du commerce que des fonctions support qui ont été largement réorganisées. Par exemple, chez Delifrance, nous avons poursuivi le renforcement du management, simplifié les gammes de produits, travaillé à une adaptation toujours plus fine de l’offre aux goûts locaux de nos marchés, conduit des plans d’excellence sur chaque site industriel et rendu plus agile l’organisation des fonctions support.

A ces économies structurelles s’ajoutent des économies conjoncturelles du fait de la crise sanitaire. Enfin, nous avons travaillé à maîtriser plus finement notre besoin en fonds de roulement et reporté certains investissements dans l’attente de signes d’apaisement de la crise sanitaire. Dans le climat d’incertitude qui a pesé jusqu’en avril dernier, VIVESCIA Industries a donc fait preuve de prudence. Tous ces efforts ont porté leurs fruits, comme en atteste le recul de la dette nette et la progression de notre EBITDA de 38 millions d’euros, par rapport à l’exercice précédent et de près de 8 millions d’euros par rapport à l’exercice 2018/2019, dernier exercice avant la pandémie de covid.

Le niveau d’endettement de VIVESCIA Industries reste très mesuré depuis deux ans. Celui-ci pourrait-il être maintenu dans les années à venir ?

La dette nette demeurera sous contrôle mais pourra augmenter marginalement en valeur absolue pour accompagner le développement de nos activités. Ainsi en avril dernier, quand l’horizon a commencé à s’éclaircir un peu, nous avons acté plusieurs décisions d’investissements structurantes pour nos différentes activités. Par exemple, la construction d’un nouvel entrepôt frigorifique pour notre site de production de viennoiseries à Romans-sur-Isère a ainsi débuté permettant de multiplier par six notre capacité de stockage de produits surgelés. Cet outil permettra à Délifrance d’accroître considérablement l’efficacité opérationnelle de son site. En ce qui concerne Malteurop, la construction de la malterie à Meoqui au Mexique se poursuit activement : cette implantation s’inscrit dans le cadre d’un partenariat avec Hineken et repose sur la base d’un contrat d’approvisionnement à long terme. Nous souhaitons également accompagner la croissance d’ARD et avons engagé un investissement d’une dizaine de millions d’euros pour augmenter significativement sa capacité industrielle et de production à façon dans les biotechnologies. Au total, pour préparer l’avenir, nous allons plus que doubler les investissements sur l’exercice 2021-2022 par rapport au précédent.

 

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Le refinancement de VIVESCIA Industries a été finalisé en Juillet 2020, qu’en est-il un an plus tard ?

Nous avons respecté l’ensemble de nos engagements malgré la persistance de la crise sanitaire sur une bonne partie de l’exercice écoulé. Nous menons un dialogue transparent et permanent avec nos partenaires banquiers. La présentation de nos résultats, dans le cadre de notre réunion annuelle organisée en septembre, a consolidé la confiance qu’ils nous accordent.

A quoi peut-on s’attendre quand les volumes de ventes seront de retour sur l’ensemble du périmètre de VIVESCIA Industries ? Quelles sont les perspectives pour VIVESCIA Industries sur l’exercice en cours au regard de la conjoncture mondiale ?

A court terme, sur l’exercice 2021-2022, nous devons faire face à de très nombreux vents contraires. La crise sanitaire reste encore d’actualité au niveau mondial, avec une consommation alimentaire qui peut être momentanément affectée. De plus, malgré une politique de couverture rigoureuse, nos métiers sont sévèrement impactés par des éléments exogènes comme le renchérissement des matières premières agricoles, du beurre, de l’énergie, des emballages et du transport. Cette très forte inflation des coûts se couple à des récoltes de grains en France et à l’international de qualité très hétérogène, ce qui affecte le fonctionnement optimal de nos outils industriels, particulièrement pour nos malteries. Par ailleurs, certains effets à moyen terme de la crise sanitaire sur la consommation hors domicile demeurent incertains, comme la généralisation du télétravail dans les entreprises et le ralentissement du tourisme international.

Très attentives à toutes ces évolutions, nos entreprises de VIVESCIA Industries gardent cependant le cap. Notre objectif est d’accroître nos volumes de vente en captant la reprise progressive sur nos principaux marchés, tout en restant mobilisés dans l’amélioration continue de notre excellence opérationnelle.

Nous préparons activement l’avenir et allons renforcer nos engagements RSE, qui seront partagés au cours de cet exercice 2021-2022. La solidité de nos fondamentaux, visible dans l’exercice précédent, est une première étape pour nous permettre d’asseoir le retour à une croissance rentable et durable.

« La solidité de nos fondamentaux, visible lors de l’exercice précédent, est une première étape pour nous permettre d’asseoir le retour à une croissance rentable et durable. »

 


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Le changement climatique en questions

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Rencontre avec Arnaud Doré, Directeur « Groupe Nature-Based Solutions » chez EcoAct*, l’un des principaux acteurs en développement de projets bas-carbone et en conseil spécialisé dans l’amélioration de la performance durable des entreprises et des collectivités.


* EcoAct est le cabinet conseil qui va accompagner VIVESCIA dans la construction et le déploiement de sa stratégie climat.
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points de repère

 

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A l’échelle de l’Union européenne, l’agriculture représente 11 % des émissions de gaz à effet de serre (GES). Il s’agit du 5e poste d’émissions (émissions de méthane issues de l’élevage et de protoxyde d’azote issues de la fertilisation azotée).

 

 

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A l’échelle de la France, l’agriculture représente 19 % des émissions de GES de notre pays. C’est le 2nd poste d’émissions derrière le transport.

 

Source : Data Lab - Chiffres clés du climat France, Europe et Monde (édition 2022) - Ministère de la transition écologique

Quelle est la vocation d’EcoAct ?

Notre vocation est d’aider les entreprises et les territoires à mettre en œuvre des actions positives répondant aux défis du dérèglement climatique, tout en renforçant leur performance économique. En d’autres termes : faire en sorte que les entreprises et les collectivités que nous accompagnons s’engagent dans un cheminement vers le net zero et préparent leur transition pour s’adapter au monde qui vient. Ce monde sera différent. Mieux vaut donc anticiper !

EcoAct travaille avec bon nombre d’entreprises agroalimentaires. Quels sont les grands enjeux climatiques de ce secteur ?

En effet, nous intervenons notamment chez Danone ou Heineken, etc. C’est un secteur d’activité que nous connaissons bien. Il fait face à deux grands enjeux : comment réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), sachant que le secteur agroalimentaire représente environ 20 % de la génération mondiale de GES ? Et les effets du changement climatique étant là, comment y faire face, sachant que l’agroalimentaire sera l’un des secteurs les plus touchés ?
Il faut savoir que 75 % des émissions de GES générées par les entreprises du secteur sont liés aux achats de matières premières, aux prestations de services, à la logistique, aux déchets issus de l’activité, aux immobilisations nécessaires pour produire, etc. Ce que les experts désignent sous l’appellation « scope 3 ». Les 25 % restants sont principalement liés à la consommation énergétique et électrique, directement sous leur maîtrise, qui font partie des scopes 1 et 2. En France, où le mix énergétique est plutôt décarboné, le ratio est même plutôt de l’ordre 80 % / 20 %, voire 90 % / 10 %.

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La neutralité carbone : Une ambition portée au niveau européen et français
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Lancé en 2019, le pacte vert pour l’Europe engage les États vers la réduction des émissions nettes de gaz à effet de serre avec un objectif affirmé :

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Introduite par la Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte (LTECV), La Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) est la feuille de route de la France pour lutter contre le changement climatique.
Elle donne des orientations pour mettre en œuvre, dans tous les secteurs d’activité, la transition vers une économie bas-carbone, circulaire et durable. Ainsi, la Stratégie Nationale Bas-Carbone vise une division par 2 des émissions du secteur agricole entre 1990 et 2050 :

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Donc, pour les acteurs de l’agroalimentaire, l’enjeu porte essentiellement sur le scope 3 amont ?

Tout à fait. Mais c’est un environnement diffus, avec des acteurs de différentes tailles, des supply chains complexes et multiformes, etc. Il est donc plus difficile d’engager des démarches positives, contrairement aux process industriels dont le transformateur a la maîtrise : pour diminuer ses émissions de GES, il va optimiser ses process. En revanche, il ne maîtrise pas la manière dont est produite la matière première agricole qu’il utilise. Il va donc chercher à s’approvisionner auprès de producteurs agricoles capables de lui apporter des réponses vertueuses, notamment en termes de pratiques culturales (systèmes de culture spécifiques, pratique des couverts végétaux, etc.) et des preuves de leur engagement à gérer, et anticiper, les effets du dérèglement climatique (espèces variétales capables de résister au stress hydrique, à l’humidité, à l’arrivée de nouveaux ravageurs liée au réchauffement du climat, etc.).

« D’une manière générale, l’Europe est leader dans les réflexions relatives aux stratégies d’adaptation climatique. Et la France est plutôt plus mature que la moyenne des autres pays, car la réglementation s’est mise en place plus tôt. La maturité des entreprises du secteur agroalimentaire est réelle »

Comment jugez-vous le niveau de maturité du secteur agroalimentaire sur le sujet climat ?

D’une manière générale, on peut dire que l’Europe est leader dans les réflexions relatives aux stratégies d’adaptation climatique. Et la France est plutôt plus mature que la moyenne des autres pays, car la réglementation s’est mise en place plus tôt. Concernant plus spécifiquement le secteur agroalimentaire, la maturité des entreprises est réelle. La majorité des grands acteurs portent des engagements ambitieux. C’est le cas par exemple d’Heineken ou de Nestlé : le premier souhaite atteindre la neutralité carbone sur toute sa chaîne de valeur d’ici 2040, et le second, à l’horizon 2050. Or, à chaque fois, leurs engagements nécessitent l’implication de leurs fournisseurs, a fortiori quand il s’agit de construire des partenariats : dans ce cas, ces derniers doivent apporter des réponses robustes.

Plus que d’autres secteurs d’activité, le monde agricole et agroalimentaire est aussi soumis à de multiples et fortes pressions…

En effet. à commencer par la pression des consommateurs qui n’attendent plus seulement un produit sain : il faut que ses conditions de production soient « responsables ». S’y ajoute désormais la pression des investisseurs institutionnels (assureurs, banques d’investissement, etc.) qui attendent des preuves d’engagements RSE des entreprises qu’elles choisissent dans leurs portefeuilles. Les médias, enfin, rendent ces thèmes de plus en plus présents à l’esprit des citoyens, etc. à ce titre, le monde agricole et agroalimentaire est vraiment à la croisée des enjeux liés au changement climatique. La réduction des émissions de GES est d’autant moins une option que les métiers de l’agriculture font partie de solutions : l’agriculture est émettrice de GES, mais elle est aussi la première victime des aléas climatiques, et aujourd’hui, elle est au cœur des objectifs de séquestration du carbone. Au-delà, on attend aujourd’hui de l’entreprise qu’elle réfléchisse à des « propositions de valeur » créatives et différentes pour minimiser son impact : de nouveaux services, de nouveaux produits compatibles dans un monde bas carbone, etc.

« Le monde agricole et agroalimentaire est à la croisée des enjeux liés au changement climatique. La réduction des émissions de GES est d’autant moins une option que les métiers de l’agriculture font partie des solutions : l’agriculture est émettrice de GES, mais elle est aussi la première victime des aléas climatiques, et aujourd’hui, elle est au cœur des objectifs de séquestration carbone. »

D’après votre expérience, quelles sont les conditions de succès d’une stratégie climat au sein d’une entreprise ?

J’en vois au moins trois. Il faut que la mobilisation soit collective et au plus près de la supply chain, que le sujet du changement climatique ne soit pas un sujet traité « à part » du business, mais totalement intégré dans la stratégie de l’entreprise, et qu’il soit au cœur de la gouvernance, porté par le Comité exécutif de l’entreprise.

Quel sera le périmètre de votre intervention chez VIVESCIA ? Et comment allez-vous travailler ?

La mission qui nous est confiée, est de bâtir une stratégie « de bout en bout », pas seulement sur le périmètre de VIVESCIA Industries mais aussi sur celui de la Coopérative, pour réduire les émissions de GES et aller vers le bas carbone. La première étape consiste à faire un bilan carbone précis : VIVESCIA est déjà très avancé sur sa comptabilisation de son scope 1 et 2 ; nos travaux sont très attendus sur son scope 3. à partir de là, nous définirons les trajectoires de réduction des émissions de GES et nous proposerons des actions pour faire évoluer les pratiques vers moins d’impact carbone. Ces propositions seront discutées et travaillées en étroite collaboration avec les experts métiers de VIVESCIA afin de construire ensemble le plan d’action le plus aligné possible avec les objectifs du Groupe et les attentes de ses parties prenantes externes. L’atteinte du « net zéro » (zéro émission nette), c’est réduire drastiquement les émissions, mais c’est aussi financer des projets qui vont préserver et augmenter la capacité de séquestration. Ces travaux vont durer près de neuf mois, voire plus.

« Le secteur agroalimentaire fait face à deux grands enjeux : comment réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), sachant que le secteur agro-alimentaire représente environ 20 % de la génération mondiale de GES ? Et les effets du changement climatique étant là, comment y faire face, sachant que l’agro-alimentaire sera l’un des secteurs les plus touchés ? »

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cop 26 - Réhausser l’ambition climatique
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En novembre 2021, près de 200 pays ont adopté un accord pour accélérer la lutte contre le réchauffement climatique. Celui-ci impose aux États de réviser leurs engagements climatiques dès l’an prochain afin de tenir les objectifs de l’Accord de Paris, à savoir contenir la hausse à 1,5°C d’ici à 2100. Parmi les avancées :

  • pour la première fois, les États souscrivent au principe d’une réduction progressive des énergies fossiles ;
  • une centaine de pays s’engagent à réduire d’au moins 30 % d’ici à 2030 leurs émissions de méthane ;
  • les États se sont entendus pour encadrer le fonctionnement des marchés mondiaux du carbone.

 

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